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Histoire de la navigation fluviale 3 - La péniche, le toueur, le remorqueur, transport de voyageurs


Peniche  de madame De Sevigne


La péniche Freycinet




La généralisation des voies canalisées a profondément transformé les techniques de la navigation.
La profondeur à la fois accrue et garantie a permis d'augmenter la hauteur des péniches, c'est-à-dire leur tonnage; d'une façon générale, elle double.

D'autre part l'écluse standardisée par la Loi Freycinet (1879) d'une forme parallélépipédique, longue de 40 m et large de 5,20 m, devient le gabarit universel des péniches de canal.
Les péniches vont tendre à la remplir le plus complètement possible. Ce qui va définir leur morphologie générale ainsi que certains trais de leur architecture: gouvernail repliable, marquise démontable, etc...

La batellerie qui transporte le charbon du Nord à Paris est la plus importante que notre pays ait jamais connue; elle comporte au début de notre siècle 8000 péniches (sur 12 000 bateaux de navigation intérieure), c'est-a-dire 8 000 bateaux identiques dont le type est originaire du Nord de la France et de la Belgique.

De l'Est et du Centre de la France, continuent de parvenir à Paris les produits nécessaires à la vie et au développement de la capitale: bois, matériaux de construction, blés, vins, etc., véhiculés par d'autres bateaux de canal.
Ce sont les " toues ", les " flûtes ", les "cadoles ", les " margotats ", menés par des hommes bien différents des mariniers du Nord.
La canalisation des rivières par barrages mobiles éclusés, a fait naître les grandes batelleries de canal tractionnées.

Elle a également provoqué l'apparition de nouveaux bateaux, aussi longs et aussi larges que les anciens bateaux fluviaux mais beaucoup plus profonds, ce sont les grands "chalands", d'abord en bois, puis en fer, qui atteignent une capacité de charge de mille tonnes et plus.
Ces chalands sont "tractionnés par les "toueurs" et les "remorqueurs" à vapeur qui se substituent aux anciens procédés d'utilisation directe des forces naturelles.  


Charles de Freycinet

Charles Louis de Saulces de Freycinet
né à Ariège le 14 novembre 1828
et mort à Paris le 14 mai 1923,
est un homme politique et ingénieur français. Il fut ministre des travaux publics et président du Conseil...
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Définition historique de Péniche



Anciennement (Source Cnrtl)

1. Petite embarcation pontée et armée, à aviron et à voile, servant d'auxiliaire à un navire de guerre ou utilisée comme garde-côte. L'Empereur se blâmait touchant les péniches de Boulogne. Il eut mieux fait d'employer, disait-il, de vrais vaisseaux à Cherbourg (Las Cases, Mémoires Ste-Hélène, t.1, 1823, p.600). Ayant été embarqué avec sa compagnie pour les besoins de la campagne dans une péniche qui allait de Gênes à je ne sais plus quel petit port de la côte, il tomba dans un guêpier de sept ou huit voiles anglaises (Victor Hugo, Les Misérables., t.1, 1862, p.731).

2. Long bateau à fond plat utilisé pour le transport fluvial. Patron, maître de péniche; hâlée, remorquée; à moteur (automotrice). "C'était une péniche vide de son chargement et que deux hommes conduisaient à la dérive, sans le secours des chevaux qui, en remontant le cours du fleuve, remorquent les embarcations" (Ponson du Terrail, Rocambole, t.1, 1859, p.621). " Là-bas, contre l'autre berge, des péniches pleines de charbon, des chalands chargés de meulière' (Zola, L'Oeuvre, 1886, p.8) "Puis le fleuve reprenait son cours. Et l'on voyait, sur ce long lacet capricieux, glisser de lourdes nefs, des péniches brunes, vernissées, rehaussées de cuivres éclatants et marquées en proue d'une croix de peinture blanche" ( Van der Meersch, Empreinte de Dieu, 1936, p.25.)

Par analogie : Bâtiment militaire à fond plat, remorqué ou à moteur, utilisé pour débarquer des troupes et du matériel sur les plages. En France, c'est seulement en mai 1940 qu'on acheva un premier modèle expérimental de péniche de débarquement: on l'utilisa aussitôt en baie de Somme (Le Masson, Mar., 1951, p.49).

C. Populaire, argot, au pluriel : Chaussures (en principe trop grandes). " Lamuse considère ses pieds boursouflés, racornis: −Y a pas d'erreur. I' m'faut des péniches, un peu plus tu verrais mes panards à travers celles-ci... J'peux pourtant pas marcher sur la peau d'mes pinceaux, hein?" (Barbusse, Feu, 1916, p.87).

Étymologie et Histoire :
1. 1803 «canot d'un navire» (Mercure de France, XIII, 142 ds Fonds Barbier)
2. 1804 «embarcation légère utilisée dans l'appui aux navires de guerre (ici dans la flotte de Boulogne destinée au débarquement en Angleterre) (Napoléon, Lettre à Bruno, 8 thermidor, an XII ds Rob.)
3. 1859 «embarcation fluviale destinée au transport de marchandises» (Ponson du Terrail loc. cit.). Emprunté avec déformation par métathèse et changement de finale, à l'anglais pinnace (prononcer [pines]), attesté depuis le 16ème siècle au sens de «petit vaisseau utilisé pour accompagner et aider, grâce à sa maniabilité, des navires plus grands» d'où «canot d'un navire» et lui-même emprunté au mot français pinace (voir pinasse).
Fréq. abs. littér.: 130. Bbg. Baldensperger (F.). Notes lexicol. Fr. mod. 1938, t.6, p.255. _Bonn. 1920, p.104. _Kemna 1901, pp.50-51.

Peniche du Nord avec sa voile




Peniche du nord avec sa voile









Le toueur et le remorqueur



Toueur en navigation

Le toueur est un bateau symétrique "amphidrome" (il peut naviguer dans les deux sens); il est équipé pour cela d'un gouvernail à chaque extrémité.
Il se déhale sur une chaîne, posée au fond de l'eau sur toute la longueur de la section qu'il doit parcourir, a l'aide d'un treuil mu par une machine à vapeur, entraînant ainsi derrière lui un "train" de péniches.

Le remorqueur est un bateau uniquement pro-propulseur équipé d'une puissante machine a vapeur et d'une hélice de grand Remorqueur Jacquesdiamètre; comme le toueur, il est destiné à "tractionner" chalands et péniches sur les rivières canalisées. Le passage de l'économie du charbon à celle du pétrole, de la machine à vapeur au moteur à explosion se fait progressivement en un peu plus d'un demi-siècle. L'accent est mis désormais sur la construction des routes, puis des autoroutes, ce nouveau moyen de transport accapare l'attention et les moyens techniques et financiers.

Les voies navigables sont alors négligées et elles ne sont pas modernisées. Cependant, sur ces voies inchangées, un nouveau type de bateau apparaît et se multiplie, I'automoteur.
En une cinquantaine d'années, de 1920 a 1970, il va progressivement supplanter les anciens bateaux de bois tractionnés. L'automoteur est un bateau construit en acier, il est propulsé par une hélice entraînée par un moteur diesel. Il existe sous deux formes: l'automoteur de canal au gabarit Freycinet (38,50 m sur 5,00 m) et le chaland automoteur de rivière.

Tous deux se caractérisent par le regroupement a l'arrière d'une série de locaux fonctionnels: chambre des machines, cabine d'habitation, timonerie.
Construit dans des chantiers " savants " dirigés par des ingénieurs travaillant sur plan, I'avénement de l'automoteur marque la fin des batelleries de canal traditionnelles.

Depuis 1960 environ, une technique nouvelle d'origine américaine a fait son apparition sur nos voies a grand gabarit : le poussage.
Le poussage consiste, comme l'indique son nom, à propulser les bateaux porteurs par poussage et non plus en les tirant comme dans le cas du remorquage, du halage et du touage.
En tant que procédé de navigation, il se substitue donc à ces derniers qu'il a fait disparaître au cours des vingt dernières années. Ses avantages sont très importants: il permet d'une part une grande économie de personnel et d'autre part une plus grande rapidité de manœuvre, car un "ensemble poussé", les barges "porteuses" plus le "pousseur", est un dispositif rigide se manœuvrant d'un seul bloc.

Une nouvelle génération d'écluses de très grandes dimensions, 24 m de largeur au lieu de 12 m, sur 180 m de longueur, est apparue sur la Seine. Elles permettent la circulation d'ensembles poussés gigantesques (1O OOO tonnes environ) Au contraire, le réseau Freycinet est abandonné par l'État qui n'y effectue plus que les travaux d'entretien minimum.
Ne pouvant plus y naviguer dans de bonnes conditions, les artisans le désertent et se replient sur les grands axes où ils se retrouvent en concurrence avec la batellerie industrielle et ses ensembles

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Les transports de voyageurs
Les coches d'eau - Les vapeurs



Lieu d'activité et de vie intense, la rivière est aussi un lieu de contacts humains étroits et prolonges à l'occasion des longs voyages en coche d'eau où sont mêlées toutes les classes de la société.
Le coche d'eau est le moyen de transport le plus utilisé par les voyageurs.

Au XVIIème et au XVIIIème siècles, la plupart de nos rivières navigables et de nos canaux possèdent des services réguliers de coches d'eau halés par des chevaux, départs et étapes sont fixés par des horaires, le prix et les conditions du voyage sont affichés. Cependant, on possède de nombreux récits qui nous montrent que malgré cette réglementation, le voyage en coche restait une aventure.

Les rivières ont connu une des toutes premières formes du machinisme, avec les bateaux à roues à aubes à vapeur.
Le bateau à roues joue un grand rôle dans la vie économique pendant un court espace de temps.

Remorqueur du Rhone









Dès 1825 des compagnies se créent sur la plupart de nos grandes rivières, pour l'exploitation de bateaux à roues; elles assurent le transport rapide des voyageurs et des paquets et prennent la place des coches d'eau.

Elles disparaissent à leur tour à partir de 1850 devant la concurrence du chemin de fer qui se généralise et devance la canalisation systématique des rivières. Le bateau à roues caractérise l'époque du romantisme bourgeois qui voit naître le "tourisme".  
 

Les bassins fluviaux


Barrages, écluses, canal


Canaux en péril
 




Peniche patrimoine fluvial

by Willy Deloux
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