
Voir aussi :
Patrimoine fluvial
Ouvrages d'art
Réseau Fluvial
Art fluvial
Les chemins de halage
Logement marinier
Plans de bateaux fluviaux


Croix des mariniers
du Rhône
Réalisée
en bois, symbolise les métiers associés
à la navigation fluviale

au XIXè siècle


Charles Louis de Saulces
de
Freycinet
né à Ariège
le 14 novembre 1828
et mort à Paris le 14 mai 1923,
est un homme politique et ingénieur français.
Il fut ministre des travaux publics et président du Conseil...
En savoir plus
sur Freycinet ..
D'autre part l'écluse standardisée par la Loi Freycinet
(1879) d'une forme parallélépipédique, longue de 40 m et large de 5,20
m, devient le gabarit universel des bateaux de canal.
Les péniches vont
tendre à la remplir le plus complètement possible. Ce qui va définir leur
morphologie générale ainsi que certains trais de leur architecture: gouvernail
repliable, marquise démontable, etc...
De
l'Est et du Centre de la France, continuent de parvenir à Paris les produits nécessaires à la vie et au développement de la capitale: bois, matériaux
de construction, blés, vins, etc., véhiculés par d'autres bateaux de canal.
Ce sont les " toues ", les " flûtes ", les "cadoles
", les " margotats ", menés par des hommes bien différents
des mariniers du Nord.
La
canalisation des rivières par barrages mobiles éclusés, a fait naître
les grandes batelleries de canal tractionnées.
Elle a également provoqué
l'apparition de nouveaux bateaux, aussi longs et aussi larges que les
anciens bateaux fluviaux mais beaucoup plus profonds, ce sont les grands
"chalands", d'abord en bois, puis en fer, qui atteignent une
capacité de charge de mille tonnes et plus.
Ces chalands sont "tractionnés
par les "toueurs" et les "remorqueurs" à vapeur qui
se substituent aux anciens procédés d'utilisation
directe des forces naturelles.
Actuel: Bateau
fluvial en bois (1880) originaire du nord et du centre de la France.
Par extension, ce terme désigne aujourd'hui, pour les
"terriens", tout bateau fluvial en acier qui n'est pas un yacht.
Anciennement (Source Cnrtl)
1. Petite embarcation pontée et armée, à aviron et à voile, servant d'auxiliaire à un navire de guerre ou utilisée comme garde-côte. L'Empereur se blâmait touchant les péniches de Boulogne. Il eut mieux fait d'employer, disait-il, de vrais vaisseaux à Cherbourg (Las Cases, Mémoires Ste-Hélène, t.1, 1823, p.600). Ayant été embarqué avec sa compagnie pour les besoins de la campagne dans une péniche qui allait de Gênes à je ne sais plus quel petit port de la côte, il tomba dans un guêpier de sept ou huit voiles anglaises (Victor Hugo, Les Misérables., t.1, 1862, p.731).
Par analogie : Bâtiment militaire à fond plat, remorqué ou à moteur, utilisé pour débarquer des troupes et du matériel sur les plages. En France, c'est seulement en mai 1940 qu'on acheva un premier modèle expérimental de péniche de débarquement: on l'utilisa aussitôt en baie de Somme (Le Masson, Mar., 1951, p.49).
C. Populaire, argot, au pluriel : Chaussures (en principe trop grandes). " Lamuse considère ses pieds boursouflés, racornis: −Y a pas d'erreur. I' m'faut des péniches, un peu plus tu verrais mes panards à travers celles-ci... J'peux pourtant pas marcher sur la peau d'mes pinceaux, hein?" (Barbusse, Feu, 1916, p.87).
Étymologie et Histoire :
1. 1803 «canot d'un navire» (Mercure de France, XIII, 142 ds Fonds Barbier)
2. 1804 «embarcation légère utilisée dans l'appui aux navires de guerre (ici dans la flotte de Boulogne destinée au débarquement en Angleterre) (Napoléon, Lettre à Bruno, 8 thermidor, an XII ds Rob.)
3. 1859 «embarcation fluviale destinée au transport de marchandises» (Ponson du Terrail loc. cit.). Emprunté avec déformation par métathèse et changement de finale, à l'anglais pinnace (prononcer [pines]), attesté depuis le 16ème siècle au sens de «petit vaisseau utilisé pour accompagner et aider, grâce à sa maniabilité, des navires plus grands» d'où «canot d'un navire» et lui-même emprunté au mot français pinace (voir pinasse).
Fréq. abs. littér.: 130. Bbg. Baldensperger (F.). Notes lexicol. Fr. mod. 1938, t.6, p.255. _Bonn. 1920, p.104. _Kemna 1901, pp.50-51.

Peniche du nord avec sa voile
Tournons
cette brève page d'histoire, relative à l'édification du patrimoine inestimable
que nos ancêtres nous ont laissé, et dont aujourd'hui la navigation de
plaisance participe à la sauvegarde, et qu'il nous faut sauver coûte que
coûte.
Le
réseau navigable français atteint sa plus grande longueur à la fin du
XIXème siècle avec 12 778 kilomètres de canaux et de rivières à courant
libre ou canalisées.
De 1926 à 1957, près de 5000 kilomètres de chemins
d'eau ont été rayés de la nomenclature des voies navigables.
La plupart
appartiennent encore au domaine public mais l'État n'est plus tenu de
les entretenir.
Les écluses sont murées ou détruites, les maisons éclusières
effondrées ou louées à titre de résidences secondaires.
La navigation
s'effectue aux risques et périls des usagers.
D'autres
voies ont perdu jusqu'à leur qualité de "voie d'eau". On a construit
des H.L.M. dans le lit du canal du Berry, quant aux 79 km du canal d'Orléans,
ils doivent aux sociétés de pêche d'être encore en eau, mais les écluses
sont désespérément closes.
Une association milite pour sa réouverture
et rassemble tous ceux qui veulent y concourir, en un Comité d'action
pour le renouveau du canal d'Orléans (les Floralies, 7, rue de la Mouillère
-45000 Orléans)
Aujourd'hui,
8 623 kilomètres de voies fluviales sont classées navigables.
Encore faut-il
considérer à part les canaux à petit gabarit où les écluses ne dépassent
pas 30 mètres de long (canal du Nivernais, canal du Midi, canaux Bretons).
Ils ne sont fréquentés que par les plaisanciers.
En
fait, 7 233 kilomètres seulement restent accessibles à la batellerie artisanale,
et encore.
Les canaux où la navigation commerciale est en principe active
ont l'air abandonnés.
L'exemple
le plus navrant aujourd'hui est celui du canal latéral à la Loire.
Les
ruptures de digues se succèdent.
Les bateaux "labourent" le fond.
Lorsque le bief est vide, en temps de "chômage", on distingue
très nettement dans la vase du chenal le rail que laissent les bateaux
chargés.
Le stationnement est très incommode car les bateaux ne peuvent
plus accoster. Il faut élinguer aux arbres et disposer d'une planche suffisamment
longue pour pouvoir débarquer ou embarquer.
Le trématage est
malaisé voire impossible dans certains biefs. Il s'ensuit une certaine
appréhension des mariniers à naviguer sur ces canaux.
En
vain, la batellerie artisanale revendique-t-elle depuis des années auprès
des pouvoirs publics la maintenance du réseau Freycinet.
Les quelques centaines 38 m 50 qui restent en activité aujourd'hui sont rigoureusement adaptées au gabarit des écluses de ce réseau, qui représente lui-même les deux tiers de l'ensemble mais qui est aujourd'hui presque totalement abandonné.
L'avenir
ne sera pas meilleur si l'on en croit les responsables du Ministère des
Transports qui déclarent sans rire " il ne saurait être question
d'assurer l'exploitation des voies sur lesquelles le trafic n'est pas
suffisant ".
Cercle vicieux. Comment pourrait-il y avoir un quelconque
accroissement de trafic si le canal n'est plus praticable?
En Allemagne, le budget des voies navigables est quatre fois supérieur au
nôtre
Et
pourtant, la navigation est le mode de transport le plus économe d'énergie.
Selon certaines estimations officielles, il consomme une fois et demi
moins d'énergie que le chemin de fer et cinq fois moins que la route.
Il est aussi le moyen de transport le plus respectueux de l'environnement, le moins nuisant et le meilleur marché. La navigation de plaisance n'a rien à gagner à la désaffection des canaux par la navigation de commerce. Celle-ci a fait les voies d'eau et partout où elle disparaît les canaux sont menacés. Par ailleurs, le manque d'entretien entraîne des conditions de navigation parfois difficiles pour les plaisanciers eux-mêmes.
Aussi l'État pratique-t-il, malgre un dicours lénifiant sur la question et en opposition avec ses engagements européens,
une politique de désengagement vis-à-vis de la voie d'eau.
Si
l'administration hésite à sacrifier ouvertement le patrimoine inestimable
que constitue le réseau fluvial, en ne prenant aucune décision catégorique
de radiation ou de déclassement, son inaction et le défaut d'entretien
aboutissent insidieusement au même résultat.
Tous les projets de soutien à la voie d'eau ont avortés l'un après l'autre.
Il
faut que tous les amoureux, les passionnés des chemins d'eau, tous ceux
qui les préfèrent vivants plutôt que vestiges, comprennent l'imminence
de ce danger.
De
nouvelles formes de tourisme devraient être favorisées le long des chemins
d'eau.
Croisière fluviale, bien sûr, mais aussi canoë-kayak, randonnées
pédestres, cyclistes, équestres sur les chemins de halage.
Des gîtes pourraient être aménagés dans d'anciennes maisons éclusières.
Des clairières abriteraient des aires de pique-nique.
Les pêcheurs auraient
leurs bassins dans les canaux d'alimentation. Les sociétés de louage de
bateaux seraient encouragées.
Toute une vie de loisirs pourrait se greffer
sur ce milieu privilégié.
Sans
doute les bateaux typiquement de rivière s'imposeront-ils alors pour la
croisière en eau douce, avec leur très faible tirant d'eau, leurs formes
et leurs moteurs mieux adaptés à ce type de croisière permettant d'accéder
à cet univers méconnu intact, le côté jardin de la France.
S'inspirant
du "Poème du Rhône" de F. Mistral, Bernard Clavel a merveilleusement
décrit dans "Le Seigneur du Fleuve" cette navigation héroïque
qui disparut aux alentours de 1840 devant la concurrence des grands bateaux
à vapeur à roues à aubes. Le Bassin de la Garonne, de l'Adour, de la Charente et de la Loire constituent
la France atlantique, la France riche et agricole de l'ancien régime.
Cette région est tournée vers l'Europe du Nord depuis le début du Moyen-âge.
Elle expédie par ses rivières et par ses ports maritimes les produits
de son sol, blés, vins, huile de noix, fruits secs, etc. et en reçoit
notamment, les poissons de mer séchés, salés ou fumés, harengs et morue
pêchés et préparés par les riverains de la mer du Nord.
Dès
la Renaissance des trafics beaucoup plus lointains viennent s'ajouter
aux trafics nordiques; ils sont liés aux fluctuations de la politique
extérieure et, en particulier, à nos grandes entreprises coloniales
américaines et africaines.
Au XVIIIème siècle, Claude Joseph Vernet, auteur de la merveilleuse série de tableaux des ports de France, nous montre avec une précision photographique les divers types de bateaux locaux aux noms pittoresques et à l'architecture étrange.
Ces bateaux ont fait l'objet d'une reconstitution attentive en
une série de maquettes au 1/10 présentés au Musée de la Batellerie
de Conflans-Sainte-Honorine. La
majeure partie du cours de la Garonne se déroule dans une large
plaine de vallée, où le lit de la rivière se déplaçait fréquemment avant
que l'homme le fixe peu à peu par de très gros travaux d'endiguement.
La pente est irrégulière et forte, formée de biefs calmes et relativement
profonds séparés par des rapides; les étiages sont accentués et prolongés.
Ces conditions ne favorisent évidemment pas la navigation. Elles expliquent pourquoi les bateaux de Garonne étaient de faible tonnage, longs, étroits et de faible tirant d'eau. Cependant, la Garonne a connu autrefois une très intense navigation, comme ses grands affluents le Tarn et le Lot.

Pendant
ce temps, une équipe de bûcherons préparait les "carassones",
les piquets de vigne et le "merrain", bois fendu destiné à faire
les douves de tonneaux.
Dès
le redoux de printemps, les bateaux étaient chargés soigneusement et quand
les eaux provenant de la fonte des neiges grossissaient suffisamment la
rivière les courpets descendaient jusque dans la région des vignobles.
Arrivée à destination, la cargaison était vendue et le bateau "déchiré".
Cet alcool prestigieux a constitué
jusqu'au début de notre siècle,
le fret principal de sa batellerie.
Les bateaux qui la fréquentaient à
la fin du XIXème siècle et au début du XXème étaient de plusieurs sortes.
Certains étaient de très grandes gabares à deux voiles "au tiers"
dont les formes trahissaient l'origine maritime au-delà d'une profonde
adaptation à la navigation fluviale.
D'autres ont une origine purement
fluviale.
Une grande densité humaine, un mouvement économique très intense engendré par la batellerie, voilà les raisons qui ont fait du Val de Loire le séjour préféré de nos rois pendant longtemps, voilà l'origine de l'extraordinaire parure de châteaux qu'ils y ont édifiés.
La Renaissance française a trouvé là les conditions de son éclosion et de son épanouissement, seule civilisation d'Europe née d'un fleuve.
La batellerie de la Haute-Loire présente deux caractéristiques spécifiques: c'est une batellerie industrielle depuis sa création, et elle se pratique uniquement à la descente, avec des bateaux démolis à l'issue d'un unique voyage.
En
amont de Briare, l'orientation Sud-Nord de la Loire (et de l'Allier),
ne facilite pas la remontée à la voile, sinon avec des vents du Nord.
D'autre part, à partir de Roanne, terminus de la navigation montante,
le lit de la Loire interdit toute remontée même par le halage.
En effet,
la pente y est forte et le cours d'eau rapide, peu profond et vite épuisé
après chaque crue. Cependant la descente est possible dans certaines conditions.
C'est
à partir de 1704, date où la Haute-Loire en amont de Roanne est débarrassée
des rochers qui encombrent son lit, que naît la batellerie a "bateaux
perdus", comme nos modernes emballages.
Cette navigation atteint
son apogée au cours de la première moitié du XlXème siècle, lorsque les
forêts épuisées par une exploitation intensive ne peuvent plus fournir
les bois nécessaires à la vie urbaine et, en particulier, a celle de Paris.
Plus tard ce sont les bateliers de la Haute-Loire et du Haut-Allier, "les
charabiats" patoisants qui vont l'acheminer sur leurs "sapines"
vers le Val de Loire et vers Paris, par le canal de Briare.
Courpets et sapines
Arrivés à Roanne, les "charabiats" remontaient à pied jusqu'à Saint-Rambert pour recommencer la même opération.
Les sapines conduites par d'autres hommes et selon d'autres techniques poursuivaient leur voyage avec une charge plus forte, 30 ou 40 tonnes, qui libérait un bateau sur trois. La même opération de transbordement était parfois renouvelée a Briare et portait la charge transportée à 60, 80 ou 1OO tonnes, selon l'état des eaux.
Arrivées
à destination, les sapines étaient "déchirées" selon l'expression
consacrée, et leurs bois vendus à bas prix et réemployés dans les constructions
terrestres, ou tout simplement brûlés.![]()
Les rivières du Nord et du Nord-Est de la France ont ceci de particulier qu'une partie seulement de leur cours est située sur le territoire national.
La Deule, la Lys, la Scarpe sont des affluents de l'Escaut dont le port d'embouchure est Anvers.
La Sambre, la Meuse et la Moselle sont des affluents du Rhin qui a une embouchure presque commune avec l'Escaut.
Ce
sont des rivières de plaine, qui ont connu de tous temps une très intense
navigation. Nous sommes là dans une des régions les plus riches du monde
au point de vue de l'architecture navale, tant fluviale que côtière.
L'Escaut et ses affluents ont donné naissance à la péniche, que nous retrouverons
plus loin.
La Meuse et la Sambre ont donné naissance à une architecture
spécifique, celle de la "mignole", qui a connu des formes fluviales
et des formes de canal.
La présence simultanée d'un réseau de navigation dense et d'un vaste bassin charbonnier ainsi que de mines de fer, a favorisé l'industrialisation du Nord et du Nord-Est de la France.
L'Alsace borde le Rhin sur une part importante de son cours et Strasbourg est notre grand port sur ce fleuve international.
Sous l'ancien régime, toute l'économie du bassin parisien, au-delà même du bassin de la Seine proprement dit, est vouée au ravitaillement de la capitale. C'est la batellerie qui assure le transport de ce vaste flux de produits.
Avant
le XIXème siècle, qui voit la création du Canal de Paris en 1867, les
ports sont encore au cur de la capitale qui s'est développée
autour d'eux.
Les ports d'amont sont les plus importants car les trafics
du Sud sont alors les plus développés. Les bois du Mr Van, les blés de
la Brie, les vins de Bourgogne, les produits vitaux d' alors, parviennent
à bon compte aux ports de Grève, aux ports au blé ou aux vins, véhiculés
gratuitement par le courant descendant.
Le port d'aval est le port de l'École, en amont du Louvre, c'est là que parviennent, à la suite d'un épuisant passage à contre-courant, les produits manufacturés normands et étrangers qui peuvent supporter les frais importants du halage humain ou animal, qui seul permet de "remonter" la rivière.
La rivière est, à cette époque, le lieu d'une activité intense.
Outre le
trafic commercial, on y pêche le poisson qui est conservé et commercialisé
dans les viviers; on y lave le linge dans de grands bateaux lavoirs; on
y fait boire et on y baigne les chevaux.
Bien des petits métiers vivent
alors directement de la rivière: passeurs et bachoteurs, porteurs d'eau,
laveurs et cardeurs de matelas, déchireurs de bateaux, "plumets"
porteurs de charbon, "crocheteurs" porteurs de bois de "maule"
(bois à brûler).
Ces hommes et ces femmes par centaines sont les gens
de la rivière, le peuple de l'eau.![]()
Comme tous les animaux terrestres, l'homme dépend de l'eau douce, celle des
rivières, des étangs et des lacs, avec laquelle il vit en symbiose.
Les
nécessités de cette symbiose, le transport et la conservation de l'eau
ont fait naître une technologie de "contrôle des eaux en grandes
masses" grâce au barrage construit et au canal creusé.
La construction
d'un barrage en travers d'une rivière a pour effet d'élever artificiellement
la surface de l'eau, ce qui permet d'obtenir une hauteur de chute exploitable
à l'aide d'une roue ou d'une turbine.
Dés la fin de l'antiquité, les moulins
à eau ont commencé à se répandre et petit à petit, beaucoup de nos rivières
petites et moyennes ont été ainsi équipées de nombreux barrages nécessaires
à l'établissement de ces moulins.
Le barrage permet aujourd'hui, d'assurer un niveau (tirant) d'eau suffisant pour la navigation, de le réguler en période de sécheresse et de crues, de produire de l'électricité, etc...
Le
maintien de la navigation sur les rivières
équipées de barrages pour les
moulins a donc nécessité la mise en place de dispositifs
permettant de
faire passer les bateaux
du bief haut au bief bas et réciproquement.
Le plus primitif consiste à faire passer le bateau par-dessus le barrage,
ou à côté, sur une rampe équipes de rouleaux.
Certaines de ces "rampes"
à bateaux sont restées en usage jusqu'à notre siècle, notamment dans le
marais Vendéen.
Il n'est utilisable que pour des bateaux de petite taille,
courts et solides; leur grand avantage est de ne pas coûter cher et de
n'entraîner aucune consommation d'eau.
Un autre procédé, plus pratique
mais bien primitif encore, permet le passage des bateaux plus importants,
ou de bois flottants.
Il consiste à pratiquer une ouverture dans le barrage,
"le pertuis", par où se précipite l'eau de la rivière en une
chute plus ou moins accentuée.
Le bateau peut franchir cette chute, rapidement
(et sportivement) à la descente, beaucoup plus péniblement à la remonte,
à grand renfort d'hommes, de chevaux et de cabestans.
Hors du passage
des bateaux, cette ouverture peut être obstruée par un dispositif mobile,
la "porte marinière".
L'imagination
des hommes de l'eau et des ingénieurs hydrauliciens s'est largement exercée
dans la conception de multiples modèles de portes.
La plus simple consiste
en un empilage de poutrelles horizontales maintenues dans deux gorges
ménagées dans la maçonnerie de part et d'autre du pertuis, et qui peuvent
être enlevées une à une, ou simultanément.
L'écluse
moderne est constituée par un "sas" en maçonnerie.
Le fond de
ce sas est le "radier", les côtés sont les "bajoyers".
Dans la partie amont du sas, le radier forme un ressaut, le "busc"
qui permet de rattraper le niveau du fond du bief supérieur.
Aux deux
extrémités du sas, les portes en bois ou en acier, vont par paires, leurs
deux vantaux buttent l'un contre l'autre avec un certain angle et forment
ainsi une sorte de voûte à deux "claveaux" qui résiste bien
à la pression des eaux, ces portes sont dites "busquées".
Lorsqu'elles
sont ouvertes, elles viennent se placer dans des enfoncements de la maçonnerie
où elles s'effacent entièrement.
Ces
portes sont manuvrées à l'aide de systèmes mécaniques plus ou moins
complexes logés dans l'épaisseur des bajoyers.
Les vannes permettant le
remplissage et le vidage du sas sont généralement installées sur les portes
elles-mêmes et sont manuvrées à l'aide
de crémaillères à manivelles.
Les plus récentes sont assistées par des moteurs et vannes électriques parfois gérées par un ordinateur.
Dans
les écluses modernes de grande taille le vannage est placé dans les bajoyers
et disposé de telle sorte que les remous du remplissage gênent le moins
possible les bateaux.
A chaque fois qu'il y a remplissage et vidage du
sas, le fonctionnement de l'écluse entraîne une certaine consommation
d'eau.
Cette consommation est maxima dans le cas d'une "fausse bassinée",
c'est-à-dire quand l'écluse est remplie ou vidée sans qu'il y ait "sassement"
d'un bateau.
Elle est minima lorsqu'il y a "alternance", un bateau montant
suivant un avalant.
Beaucoup
de rivières aujourd'hui abandonnées par la navigation ont été canalisées
à partir du XVIème siècle à l'aide de barrages fixes en maçonnerie et
d'écluses à sas.
C'est le cas de la Baise, du Tarn et du Lot qui possèdent
encore leur équipement ancien désormais inutile.
Le
canal de dérivation prolonge naturellement l'écluse vers l'aval, et permet
d'éviter la zone de faible profondeur et les atterrissements situés en
aval du barrage.
Il peut y avoir maintes raisons de prolonger ce canal
de dérivation sur de longues distances, en`aval et en amont des écluses,
pour éviter les passages en rivière dans les endroits les plus difficiles..
C'est par exemple le cas de la partie du canal du Nivernais établie
à la fin du XVIIIème siècle en amont d'Auxerre tantôt dans le lit, tantôt
à proximité immédiate de l'Yonne.
Le canal latéral est établi parallèlement
à la rivière sur une longue distance. Il ne conserve avec elle que très
peu de points de contacts. D'abord pour son alimentation bien entendu,
puis parfois par quelques écluses de descente en rivière.
Le
canal de jonction permet, comme l'indique son nom, de mettre en communication
des rivières appartenant à deux bassins fluviaux différents, ou de remplacer
la circulation maritime périphérique des marchandises par une circulation
intérieure.
Il
présente un énorme intérêt dans un pays comme le nôtre
partagé en plusieurs bassins fluviaux débouchant dans des mers différentes.
Dans
les ouvrages, écluses de rivières, canaux latéraux ou de dérivation, l'alimentation
en eau nécessaire au fonctionnement des écluses est assurée de façon tout
à fait naturelle, par le cours d'eau lui-même.
Cela n'est évidemment plus
possible lorsqu'on désire faire franchir à un canal la ligne de partage
des eaux qui sépare deux bassins fluviaux, lieu dépourvu d'eau par définition.
C'est
à Adam de Craponne, créateur du canal d'irrigation qui porte son nom et
qui a fertilisé la plaine de Salon de Provence, qu'on doit la solution
de ce problème technique.
Elle consiste à construire un dispositif de
"rigoles" artificielles destiné à capter les eaux de ruissellement
des hauteurs qui dominent le col choisi pour le passage du canal, à les
stocker dans des réservoirs spécialement aménagés pour cela à l'aide de
barrages, et à les amener au bief de partage.
De là. elles alimentent
écluses des deux versants.
1 - Canal de Briare: de Loire en Seine par le Loing. 1642
2
- Canal du Midi: de Garonne en Méditerranée. 1681
3 - Canal d'Orleans : du Loing à la Loire 1723
4
- Canal Crazat: de l'Oise d la Somme 1738
5
- Canal du Centre: de Loire en Saône 1793
6
- Canal de Saint-Quentin: d'Oise en Somme et en Escaut 1810
7 - Canal
de haute
Seine en Basse Seine 1821
8
- Canal de Bourgogne: d'Yonne en Saône 1832
9
- Canal d'Ille-et-Rance 1833
10
- Rhône au Rhin 1833
11-
Canal des Ardennes: de l'Aisne à la Meuse 1836
12
- Canal de Nantes à Brest: de la Vilaine,
de l'Oust au Blavet, du Blavet, de l'Aulne 1838
13
- Canal de la Sambre à l'Oise 1839
14
- Canal du Berry: du Cher en Loire 1841
15
- Canal du Nivernais: d Yonne en Loire 1842
16
- Canal de la Marne au Rhin 1853
17
- Canal de l'Aisne d la Marne 1866
18
- Canal de l'Est: de la Meuse à la Moselle et à la Saône 1882
19-
à l'Aisne 1890
20
- Canal de la Marne à la Saône 1907
Les
canaux de jonction de France forment une partie essentielle du réseau
navigable français. Ils sont très nombreux et anciens.
Ils offrent la
particularité de franchir des seuils haut placés c'est-à-dire de traverser
des régions accidentées; certains d'entre eux sont d'une grande beauté,
en contrepartie ils comportent fréquemment un grand nombre d'écluses.
Canalisation
généralisée et navigation artificielle Toutes
les rivières ne peuvent pas être canalisées à l'aide de barrages fixes
en maçonnerie, c'est le cas des rivières de plaines à rives basses car
en période de crue, la vallée entière risque d'être submergée, la hauteur
grandissante des eaux s'additionnant à celle du barrage inamovible.
Seul,
un barrage entièrement mobile, qui peut laisser le passage aux crues en
s'effaçant et pouvant se refermer en période d'étiage pour obtenir une
hauteur accrue et constante peut être utilisé.
C'est
Poirée ingénieur de la Haute-seine, région où se pratiquait sur une grande
échelle la navigation par éclusée avec des barrages fixes percés de vastes
pertuis, qui a mis au point le premier modèle de barrage entièrement mobile
en s'inspirant des pertuis à aiguilles verticales.
Combien de parisiens
savent que la Seine est maintenue en eau dans leur capitale par le barrage
de Suresnes construit en 1865, et que sans lui, elle serait plus basse
de 2 à 3 mètres, qu'elle aurait un niveau perpétuellement changeant et
un lit parfois presque vide en été? Pour
la navigation intérieure, la canalisation des rivières par barrages mobiles
éclusés est un événement
d'une importance
comparable à l'invention de l'écluse à sas et à celle
du canal de jonction; c'est elle qui achève l'uvre colossale et
séculaire d'aménagement des voies d'eau.
D'un seul coup, le réseau continu
des voies artificielles est constitué tel que nous le connaissons aujourd'hui
c'est-à-dire composé de canaux de jonction, de canaux latéraux et de rivières
canalisées.
A
un niveau plus général, on peut dire que si les canaux de jonction ont
été un des facteurs majeurs de son unification, la canalisation des rivières
du quart Nord-Est de la France par barrages mobiles éclusés, a été un
des principaux outils de sa centralisation avec les voies ferrées et,
plus tard, le réseau routier, tous deux rayonnants autour de la capitale.
C'est elle qui a fait de Paris le principal pôle économique du pays; d'autre
part, elle a été un des agents principaux de l'industrialisation basée
sur l'utilisation du charbon de terre.
Paris
est situé au cur de la seule région de France qui ne produise absolument
pas de charbon, Paris va devenir au XIXeme siècle le principal pôle économique
de la France et un très important centre industriel grand consommateur
de ce combustible. Au
milieu du XlXème siècle, la France dispose d'une voie entièrement canalisée
à haut rendement entre les houillères du Nord (au formidable potentiel)
et Paris.
Cette voie est formée de parties fort différentes: le réseau
dense des rivières canalisées et des canaux du Nord de la France, qui
se superpose en grande partie au bassin houiller, le canal de jonction
de Saint-Quentin, qui joint l'Oise à l'Escaut, le canal latéral à l'Oise
et l'Oise et la Seine canalisées.
C'est cette voie que va emprunter l'énorme
flot de charbon qui alimentera Paris pendant un siècle, flot qui va permettre
l'éclairage et le chauffage public et privé par le gaz de ville, puis
par l'électricité, et qui va faire fonctionner les industries de transformation
de la banlieue industrielle de la capitale.
En matière de navigation, deux conséquences complémentaires découlent directement de cette canalisation généralisée: la spécialisation de la voie d'eau dans les transports lourds et la naissance de la batellerie de canal.

Le
toueur est un bateau symétrique "amphidrome" (il peut naviguer
dans les deux sens); il est équipé pour cela d'un gouvernail à chaque
extrémité.
Il se déhale sur une chaîne, posée au fond de l'eau sur toute
la longueur de la section qu'il doit parcourir, a l'aide d'un treuil mu
par une machine à vapeur, entraînant ainsi derrière lui un "train"
de péniches.
Le remorqueur est un bateau uniquement pro-propulseur équipé
d'une puissante machine a vapeur et d'une hélice de grand diamètre;
comme le toueur, il est destiné à "tractionner" chalands et
péniches sur les rivières canalisées. Le
passage de l'économie du charbon à celle du pétrole, de la machine à
vapeur au moteur à explosion se fait progressivement en un peu
plus d'un demi-siècle. L'accent
est mis désormais sur la construction des routes, puis des autoroutes,
ce nouveau moyen de transport accapare l'attention et les moyens techniques
et financiers.
Les
voies navigables sont alors négligées et elles ne sont pas modernisées.
Cependant, sur ces voies inchangées, un nouveau type de bateau apparaît
et se multiplie, I'automoteur.
En une cinquantaine d'années, de 1920 a
1970, il va progressivement supplanter les anciens bateaux de bois tractionnés. L'automoteur
est un bateau construit en acier, il est propulsé par une hélice entraînée
par un moteur diesel. Il existe sous deux formes: l'automoteur de canal
au gabarit Freycinet (38,50 m sur 5,00 m) et le chaland automoteur de
rivière.
Tous deux se caractérisent par le regroupement a l'arrière d'une
série de locaux fonctionnels: chambre des machines, cabine d'habitation,
timonerie.
Construit
dans des chantiers " savants " dirigés par des ingénieurs travaillant
sur plan, I'avénement de l'automoteur marque la fin des batelleries de
canal traditionnelles.
Depuis
1960 environ, une technique nouvelle d'origine américaine a fait son apparition
sur nos voies a grand gabarit : le poussage.
Le
poussage consiste, comme l'indique son nom, à propulser les bateaux porteurs
par poussage et non plus en les tirant comme dans le cas du remorquage,
du halage et du touage.
En tant que procédé de navigation, il se substitue
donc à ces derniers qu'il a fait disparaître au cours des vingt
dernières années. Ses
avantages sont très importants: il permet d'une part une grande économie
de personnel et d'autre part une plus grande rapidité de manuvre,
car un "ensemble poussé", les barges "porteuses" plus
le "pousseur", est un dispositif rigide se manuvrant d'un
seul bloc.
Une
nouvelle génération d'écluses de très grandes dimensions, 24 m de largeur
au lieu de 12 m, sur 180 m de longueur, est apparue sur la Seine. Elles
permettent la circulation d'ensembles poussés gigantesques (1O OOO
tonnes environ) Au
contraire, le réseau Freycinet est abandonné par l'État qui n'y effectue
plus que les travaux d'entretien minimum.
Ne pouvant plus y naviguer
dans de bonnes conditions, les artisans le désertent et se replient sur
les grands axes où ils se retrouvent en concurrence avec la batellerie
industrielle et ses ensembles
Lieu d'activité et de vie intense, la rivière est aussi un lieu de contacts
humains étroits et prolonges à l'occasion des longs voyages en coche d'eau
où sont mêlées toutes les classes de la société.
Le
coche d'eau est le moyen de transport le plus utilisé par les voyageurs.
Au XVIIème et au XVIIIème siècles, la plupart de nos rivières navigables et de nos canaux possèdent des services réguliers de coches d'eau halés par des chevaux, départs et étapes sont fixés par des horaires, le prix et les conditions du voyage sont affichés. Cependant, on possède de nombreux récits qui nous montrent que malgré cette réglementation, le voyage en coche restait une aventure.
Les
rivières ont connu une des toutes premières formes du machinisme, avec
àroues à aubes à vapeur.
Le
bateau à roues joue un grand rôle dans la vie économique pendant un court
espace de temps.

Dès 1825 des compagnies se créent sur la plupart de nos grandes rivières, pour l'exploitation de bateaux à roues; elles assurent le transport rapide des voyageurs et des paquets et prennent la place des coches d'eau.
Elles
disparaissent à leur tour à partir de 1850 devant la concurrence du chemin
de fer qui se généralise et devance la canalisation systématique des rivières. Le
bateau à roues caractérise l'époque du romantisme bourgeois qui voit naître
le "tourisme".
En 1956, avec la plus grande discrétion, les administrations de tutelle condamnèrent
à mort notre merveilleux canal du Berry, en invoquant d'obscurs motifs,
dont aucun ne résistait sérieusement à l'examen. Et le canal du Berry
mourut.
Aujourd'hui, des courageux passionnés à force de patience et d'obstination sont arrivés à en restaurer une partie.
Entre temps, plusieurs milliers de kilomètres de chemins d'eau furent abandonnés. Les
fonctionnaires qui d'un trait de plume prennent de telles décisions, les
notables et les parlementaires dont le laxisme entérinent ces abandons,
les riverains dont l'indifférence
les favorise, semblent bien ignorer le prix payé par nos aïeux pour la
réalisation de ces ouvrages. Et
ce que ces derniers représentent pour notre présent et surtout pour notre
futur proche.
Le premier canal sur le territoire actuel de la France a été creusé en l'an
102 d'Arles à Port-de-Bouc par les troupes du général romain Marius; par
la suite, les romains en Gaule utilisèrent au maximum les rivières.
Annibal lui-même utilisa le Rhône pour faire traverser ses
éléphants sur des radeaux.
Il fallut attendre la Renaissance et l'invention de l'écluse à
sas de canal par les italiens, améliorée par Léonard De Vinci qui inventa la vantelle, pour voir en 1538 et 1575 la Vilaine canalisée.
Entretemps, Adam de Craponne creusait vers 1560 un canal d'irrigation
sur la Durance.
Le
grand rêve de Sully, relier la Seine à la Loire marqua la
construction du premier canal à bief de partage en Europe et les débuts des grands transports
par voie d'eau.
Ce canal de Briare fut creusé de 1605 à 1614 puis, après
une interruption, les travaux reprirent en 1638 et se terminèrent en 1642
au terme de 28 années, un an après la mort de Sully.
Après
la construction du canal d'Agde à Beaucaire en 1644, un deuxième grand
rêve s'ébauchait, celui de Pierre-Paul Riquet avec la liaison Océan-Méditerranée.
Les travaux du canal du Midi commencèrent en 1666 et durèrent quinze années.
Chef-d'Oeuvre
de l'époque que Pierre-Paul Riquet ne vit pas achevée puisque, tel Sully,
il mourut un an avant la fin des travaux en 1680.
Le
canal d'Orléans, lui, fut construit à partir de 1675 au bénéfice de Monsieur,
frère du roi qui a laissé dans l'histoire une réputation tout autre que
celle d'un exploitant fluvial.
Le
projet d'une voie de navigation traversant la Bourgogne remonte à François
1er et peut-être même à Louis XII.
La première résolution d'exécution
date du début du XVIIème siècle.
Sous l'influence du Président Jeannin,
Henri IV ordonne par un arrêt du 17 août 1606 de lever un subside pour
la construction du canal de la rivière d'Ouche depuis Dijon jusqu'à Saint-Jean-de-Losne.
Néanmoins la jonction des deux mers par la Bourgogne resta en somnolence
jusqu'à Vauban, enfant du Morvan, en 1696.
En fait il faudra 226 années
avant que le projet ne soit achevé.
Dès le début du règne de Louis XVI
en 1775, les travaux commencèrent du côté de l'Yonne en remontant vers
Tonnerre et quelques années après du côté de la Saône en remontant vers
Dijon.
Les travaux à la charge de l'État furent poussés sans activité,
faute de fonds et ils étaient peu avancés lorsqu'ils furent suspendus
en 1793.
Les Etats de Bourgogne, au contraire, firent diligence pour terminer
la partie du canal comprise entre Dijon et la Saône qui ne présentait aucune
difficulté.
Pendant la révolution, les choses restèrent à peu près dans
le statu quo.
La reprise eut lieu en 1807.
Le blocus continental poussa
Napoléon 1er à donner une vive impulsion à la construction du réseau intérieur.
Pourtant les difficultés extérieures arrêtèrent les travaux.
Ce n'est qu'en 1822 que l'entreprise fut conduite avec vigueur sur tous les points
à la fois et sans interruption jusqu'à sa terminaison.
Le 28 décembre
1832, un premier bateau traversait le bief de partage et le canal de Bourgogne
était livré à la navigation de bout en bout.
Près de trois siècles s'étaient
écoulés entre la conception de l'uvre et sa réalisation.
Aujourd'hui
à peine un siècle et demi après cette réalisation on envisage l'abandon
de ce canal, quelle dérision!
Le
canal du Nivernais fut menacé de fermeture en 1965 et fut sauvé en 1970
par le Conseil Général de la Nièvre qui prit la concession de la partie
centrale afin de l'exploiter au profit de la navigation de plaisance.
Geste courageux, et unique, car il faut remonter quelques siècles auparavant
pour retrouver un exemple de concession du domaine public, celui de la
concession du Canal de Briare à trois entrepreneurs appelés les "seigneurs
de Briare".
En
effet, entre ces deux dates, le domaine public était inaliénable et ne
pouvait être qu'occupé temporairement à titre révocable, seul le domaine
privé de l'État, c'est-à-dire après déclassement du domaine public, pouvait
faire l'objet d'une concession.
Espérons que cet exemple sera suivi afin
que l'assassinat du canal du Berry soit le dernier de notre histoire.
La
disette de l'hiver 1782-1783 accrut considérablement les besoins en bois
de la capitale et M. Bossu, ingénieur en chef, fut chargé de dresser les
plans et détails du projet du canal du Nivernais.
L'exécution du projet
fut ordonnée par l'arrêt du 10 avril 1784.
Les travaux commencèrent immédiatement
"au compte du Roi"et n'allèrent pas sans peine ni déboires.
Sur place on trouve plusieurs centaines d'ouvriers de tous les corps de
métiers.
Les malades et blessés sont nombreux.
Il est intéressant de noter
que les journées perdues étaient payées ainsi que les soins donnés par
les chirurgiens.
Les bagarres étaient fréquentes:
on relève le 7 mai 1786
sur le journal du surveillant:
"Les prisonniers se sont attroupés à
Bazolles au nombre de deux cents et ils ont poussé les maçons de toute
part, les ont fait réfugier dans leurs baraques, ont cassé deux croisées,
les ont battus et ont cassé la jambe d'un, deux autres maltraités sont en danger
de mort.
Le 10, les deux brigades de Clamecy et Champleny se sont assemblées,
ont monté à cheval pour aller sur les travaux. Ont été fait quatorze prisonniers.
Le 11, j'ai réglé et payé les cavaliers de chaque brigade pour quatre
journées".
Le
20 août 1790, M. Bossu établit un projet pour compléter le canal du département
de la Nièvre permettant de joindre la Loire à la Seine.
Il estime la dépense
à 7 235 000 livres.
Le nombre de bateaux franchissant le canal serait,
à son avis, de 3 200 par an et un droit de 10 deniers par millier et par
lieu soit 135 livres par bateau donnerait un produit de 432 000 livres
par an ou 352 000 net déduction faite des 80 000 Livres de frais d'entretien.
Il énumère les marchandises qui emprunteraient cette voie et cite les
charbons du Charolais, les épices du Levant et du Midi, les soieries de
Provence, les armureries du Forez, les vins du Maconnais et d'Espagne,
les bois, les grains, les fontes et le fer, les cuirs de Chalon-sur-Saône,
les ouvrages venant du Mont Cenis, les verreries du Maconnais et du Charolais,
les fromages de Suisse, de Comté et d'Auvergne, les laines et plumes et
les poissons des étangs.
Malheureusement,
les travaux sont suspendus peu après.
Néanmoins le Canal du Nivernais
était dès cette époque entièrement conçu et c'est en poursuivant cette
idée que les travaux continués dans le bief de partage de 1809 à 1812
furent repris en exécution de l'article 5 de la Loi du 24 avril 1822 et
terminés entièrement en 1842, soit 58 ans après l'arrêté ordonnant les
travaux.
Quant
à la jonction de la Vallée de la Marne et de la Vallée de la Saône, elle
ne fut terminée qu'à la fin du XIXème siècle début du XXème.
Voir aussi:
Histoire de la navigation intérieure de la France dédiée au roi par J. Dutens(1829) (Google Livres)
Voir aussi :
Patrimoine fluvial|Logement marinier|Les chemins de halage|Déchirage de péniches|Plans de bateaux fluviaux|Art fluvial|L'origine du mot péniche|Charles Louis de Freycinet|Vivre sur une péniche|Le transport fluvial|Accueil|Lexique|Contact|Péniches à vendre, à louer
Peniche patrimoine fluvial by Willy Deloux
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